coquin de sort

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Jean-Claude Juncker ne voulait pas consacrer plus d’une demi-heure par semaine au Brexit. Trouver un accord pour solder les comptes du divorce avec le Royaume Uni lui aura coûté beaucoup plus d’efforts. Et il n’en tire aucun avantage. Son image reste toujours aussi mauvaise et l’Europe reste engluée dans la morosité et l’inquiétude.

L’homme du Brexit est Michel Barnier. Véritable survivant de la politique, le Français a été remis en selle par Jean-Claude Juncker et pourrait bien lui succéder en 2019 à la présidence de l’institution. «Si Barnier parvient à boucler le Brexit en octobre 2018 , tout est possible », confie un haut responsable bruxellois. « Il est très probable qu’il sera un des candidats forts du PPE », assure-t-il. « Il est politiquement et rhétoriquement plus fort que Katainen et Dombrovskis et aussi centriste que Juncker, donc acceptable à gauche », explique-t-il. Une autre source m’a confirmé ses chances.

Michel Barnier doit encore être choisi par sa famille. Le candidat du PPE sera désigné lors du congrès organisé en novembre 2018 à Helsinki , a annoncé son président Joseph Daul. Un difficile steeple chase attend le Français, échaudé par l’humiliante défaite subie face à Jean-Claude Juncker en 2014. Sa candidature avait été torpillée par Angela Merkel avec l’appui de l’Espagnol Mariano Rajoy. Il est vrai qu’il était monté au front tout seul. En novembre 2018, il saura si les ténors du PPE sont de son côté. Certes, il n’a pas été Premier ministre, mais Jacques Delors n’était pas non plus issu de ce club qui est très loin d’avoir fait ses preuves à la tête de l’institution bruxelloise.

Le prochain président de la Commission européenne aura fort à faire. Le correspondant du quotidien espagnol El Pais Claudi Perez dresse un état des lieux très sombre mais hélas très juste de l’état de l’Union européenne, minée par le retour en force des nationalismes, des égoïsmes et des extrémismes anti-européens. Il reste un an et demi à Jean-Claude Juncker pour redresser la barre du navire Europe et le sortir de la mer des Sargasses, cimetière des bateaux perdus. Les vents sont favorables, a-t-il assuré en septembre. Mais impossible de larguer les voiles sans le capitaine. Les élections en Allemagne ont fragilisé Angela Merkel, contrainte de négocier une grande coalition avec les sociaux-démocrates avant de pouvoir donner un cap. Or le temps presse et les mutineries menacent. Emmanuel Macron réclame une refondation et préconise de débarquer les poids morts. Jean-Claude Juncker lui a dit non. Il sait qu’il va entrer dans l’histoire comme l’homme du Brexit et il refuse l’idée d’une nouvelle fracture malgré l’évidence du travail de sape mené depuis des mois par les dirigeants de la Pologne et de la Hongrie contre les valeurs européennes. Angela Merkel sera-t-elle en mesure d’arbitrer ? Beaucoup en doutent et prédisent une nouvelle dérive à coup de de compromis et de demi-mesures

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