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Catégorie : Europe

Confrontations européennes

Confrontations européennes

Union d’Etats européens cherche un président pour son exécutif basé à Bruxelles. Un homme ou une femme jeune,  mais avec beaucoup d’expérience;  au moins trilingue, dont le Français;  une forte personnalité, mais capable de ne pas froisser les ego des 27 membres du Conseil. Les candidatures seront examinées les 20 et 21 juin pour prise de fonction le 1er novembre.

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trois petites têtes et un lapin

trois petites têtes et un lapin

L’Europe semble condamnée à la médiocrité. La faute aux petits calculs politiciens et aux querelles d’ego. Les Européennes terminées dimanche, cinq nominations sont attendues. Une occasion pour nommer les meilleurs, les plus européens, les plus compétents dans leur domaine. Hélas les attentes seront déçues. Au lieu d’un élan, nous allons assister à une bataille mortifère, dont les vainqueurs seront les ennemis de l’Union.

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L’UE diffère l’apocalyspe

L’UE diffère l’apocalyspe

L’apocalypse ne se produira pas le 29 mars. Le génie européen l’a différée de deux semaines, au 12 avril. Mais ce sursis ne devrait pas modifier la donne, car les dirigeants britanniques ne montrent aucune intention de s’entendre pour permettre un divorce négocié. Il ne faut pas s’en réjouir. Pour la première fois depuis sa création, un Etat membre claque la porte et les motifs de son départ sont préoccupants, car ils sont partagés par beaucoup de monde dans les autres pays de l’Union.

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Brexit: fin de mois difficile

Brexit: fin de mois difficile

Le Royaume Uni veut quitter l’Union européenne le 29 mars. Mais à deux semaines du départ, les Britanniques ne savent toujours pas comment partir. Theresa May a été priée de venir avec des idées claires pour le sommet européen le 21 mars. Sinon elle risque une  rebuffade et son pays quittera le club européen avec une sérieuse gueule de bois.

Les GiBis ont toujours prétendu être très intelligents. Ils vivent dans une île et ont toujours méprisé l’Union européenne, un club auquel ils ont adhéré par nécessité, mais dont ils ont sans cesse cherché à s’affranchir des règles jugées stupides, comme l’harmonisation des prises électriques ou le volume des chasses d’eaux.

Ils sont joueurs, combinent sans  cesse des stratégies, adorent parier sur tout et sur rien, mais détestent perdre. Leur décision de quitter l’Union a causé un choc, mais n’a pas vraiment surpris. L’Union a désigné le plus anglophile de ses négociateurs, le Français Michel Barnier, pour établir un contrat de divorce. La Premier ministre Theresa May l’a approuvé après avoir imposé certaines dispositions. Mais elle est aujourd’hui incapable de le faire adopter par les élus de la Chambre des Communes. Ils l’ont rejeté à deux reprises. Dans la foulée, les députés ont dit non à un divorce sans accord, refusé un deuxième référendum et lui ont imposé de demander un report de la date de sortie.

Toutes ces palinodies agacent les 27. Ils  attendent une demande de prolongation. Elle se serait de toute manière imposée en cas d’accord, car au moins huit semaines auraient été nécessaires pour faire adopter toutes les lois afin de mettre en œuvre le divorce. Mais les jeux politiciens, les tergiversations des élus britanniques, la morgue des partisans du divorce-rupture, l’incapacité de Theresa May à s’imposer à son parti et la mauvaise volonté du chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn, un « brexiter » de gauche qui se voit calife à la place du calife, les ont réellement exaspérés.

Le sommet européen le jeudi 21 mars s’annonce difficile et lourd de dangers. Londres a désormais le choix entre « l’approbation du plan approuvé par Theresa May;  un plan alternatif clair et nouveau ou une sortie sans accord qui s’impose s’il n’y a pas d’alternative possible», a averti la France.

Un nouveau vote sur l’accord avait été  envisagé à la Chambre des Communes la veille du sommet.  Mais son président John Bercow a refusé  à Mme May la possibilité de représenter un texte déjà rejeté.  Le mécontentement grandit au sein de l’Union à l’approche du 29 mars. Les ministres des Affaires européenne français et allemand l’ont signifié lors de la réunion de préparation du sommet.  « Nous sommes dans une impasse du fait de la décision des Britanniques et l’incertitude est insupportable », a averti Nathalie Loiseau. « L’ambiance est très mauvaise (…) Nous sommes réellement épuisés par ces négociations », a pour sa part affirmé son homologue allemand Michael Roth.

La France et l’Allemagne ont exigé  de Theresa May une « proposition concrète », une « initiative crédible pour sortir de l’impasse. « Ce n’est pas un jeu. La situation est extrêmement préoccupante », a insisté Michael Roth.

L’Union et le Royaume uni vont entrer dans une zone de danger. L’unité des 27 est déjà ébranlée. L’Allemagne est prête à accorder « un temps de réflexion » sans conditions. La France est contre cette mansuétude. Les deux grands ont chacun leurs partisans.

Cela n’arrange pas les affaires des Britanniques, car l’unanimité est imposée pour différer le divorce. Les 27 sont devenus maîtres du Brexit et un accord n’est pas acquis pour accorder un sursis à Londres, ont assuré les représentants de plusieurs Etats membres.

Le président du Conseil européen Donald Tusk est une nouvelle fois venu semer le trouble. Après avoir promis une place en enfer aux chefs de file du Brexit, il a appelé Theresa May à changer de stratégie si elle voulait obtenir un longue prolongation. Or cette option est « impossible à faire accepter sans une vraie justification », ont averti Nathalie Loiseau et Michael Roth.

Michel Barnier a enfoncé le clou.  « La durée du report de la date de sortie du Royaume Uni sera déterminée par sa justification. Theresa May doit expliquer pourquoi elle demande un report », a-t-il insisté. « Un long report doit être lié à un évènement nouveau, à un nouveau processus politique au Royaume-Uni »‘,  a-t-il averti.

Trois hypothèses sont évoquées. Les deux premières, — de nouvelles élections au Royaume-Uni provoquées par la démission de Theresa May et l’organisation d’un nouveau référendum– , sont considérées comme de « la politique fiction ».  La troisième, un changement de la position britannique,  est  jugée improbable.  « On ne voit pas venir une alliance entre les Conservateurs et les Travaillistes qui permettrait de modifier la déclaration politique associée à l’accord de sortie », souligne-t-on à Paris. Michel Barnier a pourtant lui aussi tendu cette perche aux Britanniques.

Un long report signifierait l’obligation pour le Royaume-Uni d’organiser des élections européennes et de continuer à contribuer au budget européen. Un cauchemar pour les chefs de file du Brexit, comme l’ancien patron de l’Ukip Nigel Farage, qui  a appelé les dirigeants européens à refuser toute demande de prolongation. « Comme ça nous partirons le 29 mars, même s’il y a quelques cahots ».

Le Royaume-Uni a de moins en moins de marge de manœuvre et la tension monte . « Il ne pourra y avoir qu’une seule prolongation et son propos devra être clair », a expliqué un responsable européen. Soit il accepte l’accord de divorce;  soit il décide de révoquer l’article 50, c’est à dire renonce à quitter l’UE;  soit il divorce le 29 mars sans accord. Les 27 peuvent dans ce cas accorder un délai de quelques mois pour « prolonger l’agonie et minimiser les conséquences désastreuses de cette décision », estime le représentant d’un grand pays. Tout le monde y trouverait un intérêt . Nombre d’entreprises européennes ont encore besoin de temps pour se désengager, a expliqué un de ses homologues. « A Calais, ils ne sont pas prêts », a confié un responsable européen.  Mais le report ne pourra excéder le 1er juillet, car le 2 juillet, le nouveau Parlement européen élu en mai entre en fonctions.

Donald Tusk a inscrit le Brexit en ouverture du sommet européen. Il a compté trois heures et demi pour évacuer le sujet. Si chacun des 28 intervenants respecte un temps de parole de 5 minutes, c’est jouable. D’autant que ce sommet ne sera pas celui de la dernière chance. Les  élus britanniques seront certainement appelés à voter avant le 29 mars et un sommet extraordinaire pourrait bien être nécessaire pour en terminer avec le Brexit. Mais l’Union n’en aura pas terminé pour autant avec les GiBis.

La faute à l’Allemagne

La faute à l’Allemagne

La  monnaie unique européenne aura 20 ans le 1er janvier 2019. Mais elle est encore loin d’être établie, reste fragile aux crises et pourrait sombrer si les gouvernements européens n’ont pas le courage de forcer l’Allemagne à lever son blocage sur les réformes nécessaires pour lui donner un Etat et une légitimité, soutient Jean Quatremer dans son dernier opus, « Il faut achever l’euro ».

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Stupeur et tremblements

Stupeur et tremblements

Les dirigeants de l’Union ne se font plus guère d’illusions . La séparation avec le Royaume Uni le 30 mars 2019 sera acrimonieuse. Ils se sont préparés à cette éventualité. Plus préoccupante en revanche est la chute libre d’Emmanuel Macron. Tout le monde se posait la même question lors du dernier sommet européen de l’année: saura-t-il regagner la confiance des français ? r

Il est difficile de lutter contre les chimères. Lorsqu’ils ont accepté de recevoir Theresa May pour un entretien consacré au Brexit au début du sommet des 13 et 14 décembre, ses homologues de l’UE attendaient de bonnes nouvelles et étaient prêts à l’aider. Las, lorsque le Premier Ministre britannique a pris la parole, ils ont compris que rien n’avait changé de l’autre côté de la Manche.

Tous espéraient l’annonce de contacts avec son opposition pour tenter de constituer une majorité. Il n’en a rien été. Theresa May leur a demandé de renégocier l’accord de retrait avalisé le 25 novembre. 

Un vrai brouillard est tombé sur  la salle du Conseil européen et l’agacement le disputait à la consternation lorsque Theresa May a évoqué « l’esprit de Noël » pour convaincre le Parlement britannique d’accepter l’accord lors du vote qui doit avoir lieu  avant le 21 janvier 2019, deux mois avant le prononcé du divorce.

« Nébuleux », a résumé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker . Etrillée par les média britanniques, Theresa May était blême de rage lorsqu’elle l’a interpellé le lendemain, avant le début de la deuxième partie du sommet. La scène a été filmée et les spécialistes se sont livrés à un exercice de lecture labiale pour confirmer que le jugement « nébuleux » avait été très mal digéré à Londres. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a assuré que tout le monde avait traité Theresa May avec «beaucoup de respect » et avait « plus d’empathie envers elle qu’envers certains députés britanniques ».

Mais la réponse des 27 n’a pas varié d’un iota : « personne n’est d’accord pour rouvrir l’accord de retrait sous quelque forme que ce soit ».  Et contrairement à ce que Theresa May a déclaré lors de sa conférence de presse avant de quitter Bruxelles, aucune nouvelle discussion avec les institutions européennes n’a été programmée avant le vote du Parlement de Londres. Jean-Claude Juncker l’a dit sous forme de pirouette : « je ne suis pas à Bruxelles à Noël ». Ses services ont pour leur part expliqué que « tout a été dit à Theresa May » et qu’aucun mandat n’ a été donné pour discuter avec les Britanniques.

Le jeu du « je te tiens tu me tiens par la barbichette » se poursuit. Les 27 font monter la pression avec la publication des mesures préparées pour absorber le choc d’un divorce sans accord, ils laissent publier les prédictions sur les catastrophes qui menacent les Britanniques si telle est leur décision … et ils attendent.

Leurs soucis sont ailleurs.

L’Union craque. La gestion des migrations a viré à la dispute et l’idée de larguer certains pays fait son chemin. « Le refus de manière entêtée par certains d’accepter un minimum de solidarité ouvre le débat sur leur maintien dans la zone Schengen » l’espace de libre circulation, a lancé le Premier ministre libéral belge Charles Michel.

Pour le moment, ce ne sont que des mots. Charles Michel dirige un gouvernement devenu minoritaire depuis le départ des identitaires flamands de la NV-A, opposés à la signature du Pacte de l’ONU pour les migrations par la Belgique.

Comme lui, la plupart des dirigeants de l’UE sont affaiblis. Le sommet de décembre ressemblait plus à une infirmerie qu’à un centre de pouvoir. L’Allemande Angela Merkel n’est plus la chancelière d’antan. Elle a perdu le soutien de son parti au Bundestag et elle a du céder la présidence de la CDU. L’élection de sa dauphine Annegret Kramp-Karrenbauer permet une certaine continuité, mais pour combien de temps ? L’hypothèse de nouvelles élections en Allemagne taraude les esprits.

Mais le plus meurtri de tous était le chef de l’État français. Emmanuel Macron n’a pas su prendre la mesure du mécontentement incarné par le mouvement des « gilets jaunes ».  Aujourd’hui 77 % des Français se disent mécontents de son action, mais ce qui le choque le plus, c’est la haine nourrie contre lui .

Il devrait lire le philosophe et homme politique italien Massimo Cacciari. Sa réflexion sur le troisième suicide européen est pleine d’enseignements.

L’Italie a fait toutes les erreurs que sont en train de commettre Emmanuel Macron et son prédécesseur François Hollande : mépriser les laissés pour compte de la mondialisation, ignorer leurs peurs et leur mal être.

« Nous avons été les bons élèves de l’Europe mais nous avons oublié d’écouter ce que demandaient nos concitoyens ».  L’ancien Président du Conseil Romano Prodi a laissé ce mea culpa à ses successeurs. Il n’a pas été écouté par les dirigeants des grandes familles politiques. L’Italie est aujourd’hui gouvernée par un duo formé par un dirigeant d’extrême droite et par le « grillon » d’un ancien comique devenu gourou d’un mouvement populiste. Les media, accusés d’être à la solde de la caste des élites qu’ils haïssent, sont court-circuités. La communication se fait sur les réseaux sociaux, à coups de slogans et de mensonges. Personne ne parvient à contrer cette propagande devenue une menace mortelle pour les démocraties.

« Emmanuel Macron saura-t-il regagner la confiance des Français ? J’en doute. Il faudrait pour cela qu’il abandonne son mode de présider jupitérien», m’a confié un responsable européen pendant le sommet.

Un président français affaibli est mauvais pour l’Europe car il ne peut attendre aucune clémence de ses adversaires. Or Emmanuel Macron a peu de soutiens dans l’Union européenne. Les résultats du Sommet l’ont montré. Même ses amis lui font la leçon. Ils attendent tous de savoir comment le gouvernement français va financer les quelque onze milliards d’euros lâchés pour tenter de calmer les « gilets jaunes » et s’il va éviter un nouveau dérapage du déficit budgétaire .

« On ne peut pas dire aujourd’hui on distribue et après moi le déluge. Un politique ne doit pas penser qu’aux prochaines élections, mais aussi aux prochaines générations ». La petite phrase de Xavier Bettel a fait grand bruit dans le landerneau macronien. Car le Premier ministre du Luxembourg est considéré comme un ami par le Chef de l’Etat.

Emmanuel Macron doit impérativement redescendre de son Olympe ou l’Elysée sera son enfer